Accueil Critiques A propos de « L’invention de la solitude » de Paul Auster

A propos de « L’invention de la solitude » de Paul Auster

Commentaires fermés
0
103

L’invention de la solitude en tuant le père ou en le ressuscitant ?

Voila un vrai exercice de recomposition, de reconstruction auquel se livre Paul Auster dans un premier roman (mais en est-ce vraiment un ?). Recomposition à la fois de la mémoire et du lien au père.

La première partie est une quête, et même une enquête, avec ses cheminements, ses allers-retours, ses doutes… Surprenante, car le portrait du père n’est pas univoque : d’abord odieux, plus plus humain, il bénéficie de circonstances atténuantes que Paul Auster découvre au fil de son enquête. Mais à quel moment ça bascule vers l’humain, et pourquoi ? C’est assez mystérieux, et ça se passe dans la tête de l’auteur, sans qu’on le perçoive vraiment.

Cette partie semble amener la suivante et nous dire : « En fait, je ne sais pas, alors je vais vous raconter dans quel état mental j’ai entrepris cette quête ».

Mais la rupture entre les deux parties m’a gênée. Comme si Paul Auster avait juxtaposé deux romans complètement différents. Elle m’a ennuyée aussi, car trop abstraite. Une philosophie de la recomposition ? Mais alors ni introspective (ça c’est plutôt intéressant car original), ni analytique (pourquoi pas), ni linéaire (là ça se corse), ni vraiment personnelle (et là on est carrément perdu). Cette quête vaine – si elle est vaine pourquoi l’auteur la poursuit-elle dans la douleur ? -  finit par nous abrutir de références, comme si ce roman d’initiation se voulait tout en même temps. Certes il ouvre des portes, nous laisse en suspens, mais on ne sait plus où aller…

Je me suis demandée enfin si ce livre parlait davantage à un fils qu’à une fille. On a tellement écrit sur les rapports mère/fille que j’étais curieuse de comprendre ce qui se tramait dans ce rapport (ou non rapport) père/fils, dans ce regard du fils à la fois impitoyable et demandeur de sens. Attente que la mort du père semble réveiller.

Finalement cela m’a paru être une longue interrogation sur l’identité, mais aussi sur ce que l’écriture appelle, révèle, apporte, sauve peut-être. Mais c’est une interrogation sans réponse et je n’ai pas lu assez de livres de Paul Auster pour savoir s’il a trouvé la réponse…

Corinne

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par seldelavie
Charger d'autres écrits dans Critiques
Les commentaires sont fermés.

Consulter aussi

Le prochain livre pour la rencontre du 26 février

Trop de bonheur, d’Alice Munro. Recueil de nouvelles (Ed du Seuil, collection Points…